N.B : l'article a été remis à jour
Me
voici de retour, après le festival Clin d'Oeil à Reims ! J'y ai survécu
malgré la chaleur mourante qu'il faisait dans les salles, et j'ai eu
une grosse pensée pour tous les gens qui y bossent, surtout les acteurs
et les techniciens quand ils sont sous les projecteurs...
Cela
a été un plaisir de revoir plein de personnes que je n'avais plus vu
depuis longtemps ! Dans l'ensemble, j'ai trouvé le festival un peu moins
bon même si l'organisation a été meilleure comparé à il y a deux ans.
Le dernier jour a été très agréable, et j'ai regretté de devoir partir
tôt, alors qu'il restait encore des propositions de spectacles/films à
voir. J'étais dépendante de la personne avec qui je faisais du
co-voiturage et elle avait la gueule de bois, donc il lui fallait vite
rentrer... Enfin soit ! Cela m'a donné plein d'idées pour ce blog. Ce ne
sera plus un article par jour comme je le prévoyais, car comme je
n'aime pas dire des bêtises, je vérifie très souvent mes renseignements.
Parfois je fais de nouvelles découvertes, et je me suis rendue compte
du temps que ça me prenait pour écrire... Je n'aime pas bâcler, non
plus. J'avoue aussi qu'il m'arrive parfois d'être assaillie de doutes et
de ne plus avoir le recul nécessaire pour écrire. Mais ça ne
m'empêchera pas de rester régulière !
Comme
déjà expliqué, le festival n'est pas un "festival de sourds". Il se
veut accessible à tous. Voici un exemple d'un spectacle réalisé la Compagnie du Singe Nu, 100% visuel pour tout le monde (bande-annonce, cliquer sur l'image) :
J'ai
beaucoup apprécié ! Les effets, les costumes, les acteurs, l'histoire,
etc. C'était fait de manière à ce que ça soit comme dans le cinéma muet,
il y avait un sur-titrage au dessus mais qui ne sur-titrait pas tout
le temps, juste les éléments indispensables pour comprendre l'histoire.
Le seul point négatif pour moi, c'est le problème technique survenu au
milieu du spectacle à cause de la canicule... Je n'ai pas eu toute
l'histoire au complet mais cela ne veut pas dire que c'était mauvais,
bien au contraire puisque cela n'avait rien à voir avec la qualité du
spectacle !
Comme c'était réalisé par des entendants spécialisés dans le mime, cela m'a fait penser à l'accessibilité dans les théâtres en Belgique... Je ne vais pas beaucoup au théâtre, pourtant j'adore ça. Après tout, c'est de la culture et il s'agit aussi de l'accessibilité à la culture.
Notamment
parce que, évidemment, je ne comprends rien à ce qui se dit et je me
souviens des fois où il fallait aller voir une pièce de théâtre parce
qu'on l'étudiait à l'école alors le professeur de français s'arrangeait
pour me filer le texte. Je le lisais avant, ou bien pendant mais ce
n'était pas agréable, et ça ne me permettait pas vraiment d'apprécier le
spectacle.
Il y a des théâtres ou des compagnies qui pensent à l'accessibilité pour les sourds et malentendants. Sur cette liste, on peut voir que des théâtres ont des salles équipées d'un système d'amplification pour les malentendants. Pour les sourds, il existe d'autres moyens à mettre en place et nécessite une organisation à l'avance :
Le sur-titrage au-dessus de la scène, et/ou l'engagement d'un(e) interprète LSFB/français oral.
Concernant
le sur-titrage, on peut tout suivre, mais il faudrait avoir un champ
de vision bien élargi pour tout suivre, c'est-à-dire le spectacle et le
sur-titrage en même temps. Si le sur-titrage est difficilement lisible
quand on est assis loin, faire en sorte que les places où c'est encore
lisible soient réservées aux sourds ou que les lettres soient bien
grands. Pour les sourds illettrés ou analphabètes, le théâtre reste
difficilement accessible pour eux.
Quant
à l'interprète, généralement, elle/il se met sur le côté droit ou
gauche de la scène et le même souci du confort se pose que pour le
sur-titrage, il faut arriver à pouvoir tout suivre en même temps. Un
travail de préparation est nécessaire pour l'interprète afin d'arriver à
transmettre au public les objectifs du spectacle, surtout au niveau des
émotions, car les sourds ne peuvent pas détecter les intonations des
voix, et il faudrait les faire remplacer par des expressions du visage,
des mouvements du corps, etc. Il y a un écart culturel à combler.
Collaborer avec l'interprète pour que celui-ci/celle-ci ait déjà le
texte à l'avance, participe aux répétions, etc, est impératif. Il faut
aussi prévoir de la lumière sur elle/lui (ça
me rappelle de nouveau l'école, on avait visité un planétarium... Tout
était dans le noir sauf la lumière des étoiles et planètes. Ça embêtait
les responsables ! Ils n'avaient pas été prévenus à l'avance et rien
n'avait été prévu pour... Heureusement l'un d'entre eux avait une lampe
de poche et l'a installée de façon à ce que ça ne soit pas moi ou elle
qui la tienne. Il a aussi fait attention à ce que la lumière ne dérange
pas la séance), et faire en sorte que sa position sur la scène ne
gène pas le jeu des acteurs pendant le spectacle. Penser aussi à
réserver des places devant pour les sourds, bien que de loin, on peut
voir les signes (l'un des avantages dans les langues des signes) mais y
en a qui ont des besoins spécifiques, comme les sourds ushers.
Reste
aussi les frais de l'interprète et du sur-titrage... La mise en place
de tout ceci.
Alors l'idéal est que ça soit le théâtre ou la compagnie qui s'en
charge. Je ne devrais même pas dire "idéal", c'est obligatoire que ça
soit eux qui le fassent. J'expliquerai pourquoi dans un autre article...
Mais il faudrait aller le leur
dire et les informer, parce que beaucoup ne le savent
pas malgré eux. Je vois beaucoup de sourds se plaindre du manque
d'accessibilité, mais ils ne réalisent pas que très souvent, les gens
sont ignorants. Comment savoir tout ceci ? Où trouver une interprète ?
Le matériel pour réaliser le sur-titrage et les personnes capables de
le faire ? Il faudrait tout leur expliquer. Après, il faudrait signaler
l'accessibilité parce que sinon, les sourds ne
le savent pas et ne viennent pas. Il y a un préjugé concernant le thème :
"Pourquoi devrait-on penser aux sourds ? Ils ne viennent pas, donc ce n'est même pas la peine !"
... Cela me rappelle l'histoire d'un service social
pour sourds et malentendants dans le Brabant Wallon qui a demandé un
soutien financier dans chaque CPAS de chaque commune pour que le service
puisse être utilisé dans toute la province, et plusieurs ont refusé car
ils disaient ne jamais voir de sourds. L'assistante sociale a dû se
battre pour prouver qu'il existait des sourds résidents dans le Brabant
Wallon et qu'ils viendraient si les services publics leur étaient
accessibles. Mais dans tous les cas, ce serait bête d'avoir dépensé de
l'énergie et de l'argent pour rien, je peux comprendre que l'on soit un
peu réticent vis-à-vis de ça. Donc il nous faut toujours informer, et
informer.
Avec
la collaboration d'associations pour sourds, il est possible de trouver
des réponses aux questions que l'on se pose, des informations sur les
adaptations nécessaires, et de faire de la publicité (affiches,
Facebook, sites internet, etc). Lesquelles ? Cela dépend de l'endroit où se trouve le théâtre. Cela demande de la
recherche et du temps. Le mieux est de commencer par collaborer avec l'association représentative des sourds francophones de Belgique : la FFSB
dans lequel il y a le service Accessibilité. Aussi, parfois il faut
s'attendre à ce que cela ne fonctionne pas aussi bien dès le début, car
les sourds ont besoin de s'assurer que c'est vraiment accessible, ils
n'ont pas trop confiance très souvent dès le début. Le fonctionnement du
"mains-aux-yeux" est très important (pour remplacer le
bouche-à-oreille).
Il
y a des risques à prendre et cela demande une longue préparation à
l'avance. D'ailleurs ça me fait penser que j'éprouve toujours une
appréhension avant d'entreprendre quelque chose, parce que je sais qu'il
me faudrait tout préparer à l'avance pour que ça me soit accessible.
Parfois ça peut être long, lourd et stressant pour moi, mais cela a
toujours été ainsi, et je fais avec. Après, quand c'est accessible et
apprécié, on peut dire que c'est réussi. Du coup, on oublie toutes les
difficultés et on savoure !
Je
parlerai plus tard des spectacles en LSFB, de compagnies de théâtre
pour sourds, de spectacles bilingues où des acteurs entendants
travaillent avec des acteurs sourds, ou bien des spectacles qui font en
sorte que les interprètes soient aussi inclus dans l'histoire, de
spectacles spécialisés dans le mime comme celui dont je vous ai parlé
plus haut. Il y a aussi certains concerts de musique qui sont
interprétés, .... Aaah ! Il y a certainement sans doute plein de choses
que j'ai oublié dans cet article, je compléterai au fur et à mesure dans
d'autres articles. Et il y a aussi l'opinion de la communauté sourde
francophone de Belgique là-dessus...

2 commentaires:
Vu que c'est au dessus de la scène, c'est un sur-titrage ;)
Mais c'est un point intéressant. Je devrais en parler pour le Vilar vu qu'il y a de forte chance qu'il soit rénové. Ça pourrait être une installation à faire...
Dans la liste, tous ces théâtres (que je connais), proposent un système pour mal-entandant... C'est pas encore suffisant pour les sourd je pense.
J'ai entendu dire que les frais de l'interprète en LSFB pouvaient être remboursé par la région Wallonne. Mais c'est à vérifier...
Ah oui, merci pour le vocabulaire ^^
Oui, ça pourrait être intéressant, surtout que je sais qu'il y a des étudiants sourds à LLN et il y a le Kap Signes !
Quant à la liste, je sais, j'ai dit presque exactement la même chose que toi :p
Jamais entendu parler de ça, mais de toute façon, je ferai un article sur le métier de l'interprète en LSFB...
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