lundi 13 juillet 2015

Parcours scolaire (2)


La suite sur mon parcours scolaire. Au lieu de cela, je pourrais expliquer comment j'ai fait jusqu'à mes 18 ans puisque je n'ai pas parlé des moyens mis en place pour m'accompagner. Mais cela me semble tellement...  que je ne sais pas encore comment raconter ça. Une autre fois !

Pendant mes deux dernières années en secondaire, il fallait déjà trouver quoi faire après la rhéto. Et j'en avais aucune idée. Oh, j'avais bien des envies, des rêves, ... mais rien qui me donnait vraiment envie d'essayer. Et j'avais fait une multitude de tests d'orientation inutiles. Cela a été comme ça jusqu'au jour où j'ai participé à un colloque. Une assistante sociale sourde, C., y était présente pour un exposé sur son métier et l'association dans laquelle elle travaille. Elle, une assistante sociale... sourde ? J'avais toujours associé ce métier au téléphone, et ça me semblait être un métier inaccessible pour les sourds. Comme pas mal d'autres métiers surtout... en Belgique. Oui, je précise en Belgique parce qu'il y a peu de choses adaptées pour les sourds alors que je sais qu'aux États-Unis, il y a des médecins sourds, des policiers sourds... En France et en Angleterre, il existe des formations qui permettent aux sourds d'apprendre le métier d'infirmier, d'aide-soignant, etc. Mais je vis en Belgique. Enfin, ceci est une autre histoire.

Revenons à ce colloque. L'exposé de C. m'avait beaucoup intéressée. Ma mère qui m'y accompagnait, aussi. Elle m'a poussée à aller lui parler. Alors, j'ai fini par apprendre comment C. s'en sort sans le téléphone. Après avoir passé une journée avec elle sur son lieu de boulot, j'ai commencé à envisager de faire le même métier qu'elle. Ma mère et la plupart de mes amis m'y ont beaucoup encouragée. Pour choisir l'école, j'ai comparé les grilles des cours, et je préférais celle en dehors de Bruxelles pour beaucoup de raisons. Je l'ai visitée lors de la journée portes ouvertes, et j'ai très vite décidé que ce sera celle-ci.

Lors des cours, pour l'accompagnement, c'était presque la même chose qu'en secondaire. Mais les stages, c'était différent... Le règlement de mon école imposait de faire des stages dans un domaine différent chaque année afin de permettre à chacun des étudiants de savoir lequel lui plaît le plus et dans lequel il voudrait s'orienter à la fin des études. Pour moi, on m'a permis de le faire dans le domaine de la surdité mais je devais travailler avec une population sourde différente à chaque fois.

C'est ainsi qu'en 1ère année, j'ai fait mon stage d'observation dans un service d'accompagnement pour adultes sourds. Cela a été très facile à trouver. Ensuite pour la 2ème année, cela a été compliqué. J'ai longtemps cherché, et j'ai fini par réussir à trouver un stage avec des enfants sourds, mais pfiou ! Qu'allait-il advenir de la 3ème année ? Je sentais déjà que ça allait être encore plus complexe. Pour y remédier, j'ai trouvé la solution... Je suis partie seule à plus de 5 000 kilomètres de chez moi. J'ai fait un stage de 4 mois à Québec dans un centre de jour pour adultes sourds avec un et/ou plusieurs handicaps associés, ou un trouble du comportement. Et j'ai suivi un cours d'intervention en situation de crise dans un Cégep (école qui propose des formations techniques et pré-universitaires, pouvant mener à l'université). J'y ai appris la LSQ (langue des signes québécoise), et découvert comment se passait les différents moyens d'accompagnement là-bas, comparé à ceux existants en Belgique. Il y avait pas mal de professionnels sourds dans le secteur médico-social.

Durant mes études et mes stages, j'ai eu des galères et des bons moments. Si je dois penser à une galère, c'est pendant la 2ème année. On m'avait refusé un stage parce que je ne pouvais pas communiquer avec les parents entendants d'enfants sourds. Et si je dois penser à un bon moment, c'est mon groupe de cours de méthodologie en 3ème année. Nous étions 12 étudiantes qui faisaient leur stage à l'étranger, et l'ambiance au cours était très chouette.

J'aurais pu faire un stage avec des entendants mais cela n'a pas été le cas parce que je savais déjà ce que cela donnera. C. avait fait à un peu près le même genre de stages que moi, sauf pour sa dernière année, elle l'a fait dans un SAJ (service d'aide à la jeunesse). Cela a été très dur pour elle jusqu'à la fois où elle est tombée sur des parents sourds pour un problème avec leur enfant. On avait besoin d'elle pour communiquer avec eux ! Ce dossier l'a "sauvée", sinon elle aurait raté son année et peut-être abandonné ses études... Tout comme mon stage à l'étranger m'a "sauvée". Je pense que j'aurais pu demander une exception, comme celle de faire encore un stage dans un domaine déjà fait mais je n'en avais pas envie, j'étais bien trop curieuse d'explorer d'autres domaines !

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