jeudi 23 juillet 2015
Aides auditives - IC (2)
Edit : ce texte a été remis à jour. Je mets moins d'informations sur ma famille...
La suite, sur les aides auditives, allons-y pour la seconde catégorie ! Mais elle est tellement longue qu'il faudrait une troisième ou une quatrième partie, je pense...
Je n'ai plus porté mes z'appas tout simplement parce qu'avec le temps, je devenais de plus en plus sourde (oui c'est possible alors qu'on est déjà sourd profond, absurde, n'est-ce pas ?!), surtout avec mon oreille gauche. Les z'appas devenaient inutiles pour moi. Avant ça, ma perte auditive ne dépassait pas la moyenne des 100 dB (se référer à l'article sur la classification des pertes auditives) mais je n'en suis pas sûre. Les souvenirs que j'ai de cette période sont toujours aussi flous, et je ne m'amuserai pas à fouiller dans mes archives. Je me souviens qu'on m'a parlé de l'implant cochléaire, et que cela m'a été présenté comme solution pour remédier à l'inutilité de mes z'appas.
Une fois de plus, il s'agit d'un article difficile à écrire pour moi, parce que ça a eu des impacts psychologiques sur mon identité sourde, surtout lors de mes 13 à 18 ans, qui correspond à la période de l'adolescence... C'est fou, ce blog ne sert pas seulement qu'à sensibiliser et informer les gens sur la surdité, il me sert aussi d'exutoire !
L'implant cochléaire... Qu'est-ce que c'est ?
Souvenez-vous de mon article sur sur les types et les causes de surdité. J'y décris l'anatomie de l'oreille en parlant de sa partie interne, où se trouve la cochlée. Dans celle-ci, on retrouve les cellules ciliées, et leur rôle est important dans l'audition car elles transforment les stimulations sonores en stimulations électriques transmises au nerf auditif qui les amène au cerveau.
La surdité de perception peut être due à la destruction ou l'absence de cellules ciliées, et être "comblée" partiellement par un appareil auditif dont le fonctionnement vous a déjà été expliqué dans mon précédent article. Lorsqu'il y a vraiment trop peu de cellules ciliées, l'implant cochléaire intervient dans ce cas-ci. En effet, son rôle est de "remplacer" la cochlée.
Il s'agit d'un dispositif électronique médical qui est composé de deux parties :
-un système interne (récepteur/stimulateur) implanté dans la mastoïde (os temporal situé en arrière du conduit auditif) et un porte-électrodes (dans la cochlée)
-un dispositif externe (processeur vocal, microphone, contour d'oreille, antenne).
Une intervention chirurgicale sous anesthésie générale est nécessaire afin de pouvoir placer le système interne.
Comment cela fonctionne ?
D'abord, le son est capté par le microphone situé au sommet du processeur vocal, puis est envoyé vers ce dernier (contour d'oreille mais le boîtier existe aussi) où il est décodé (traduit en signaux numériques) et transmis à l'antenne émettrice.
Ensuite celle-ci envoie les signaux à travers la peau, par des ondes radio, à l'implant (récepteur/stimulateur) où ils sont convertis en signaux électriques.
Puis l'implant transmet les signaux au porte-électrodes pour stimuler les fibres nerveuses auditives dans la cochlée.
Après, les réponses électriques sont conduites par les fibres du nerf auditif vers le cerveau. Celui-ci peut alors interpréter ces signaux comme étant des sons.
Il est très important de savoir qu'être porteur d'un implant cochléaire ne rend pas du tout la personne entendante ! Elle restera toujours sourde durant toute sa vie, mais avec une aide auditive. Il ne faut surtout pas considérer l'implant comme un miracle !
Comme pour l'appareil auditif, un suivi médical, logopédique et audiologique est nécessaire pour s'entraîner avec les sons...
On dit aussi que le mieux est d'être implanté le plus tôt possible donc comme j'ai déjà pu le lire, l'opération peut déjà être pratiquée sur un bébé dès 6 mois. Être implanté plus tard, même étant adulte, est possible mais les résultats varient, tout comme pour l'appareillage auditif. Qu'est-ce qu'on entend par résultat ? Une bonne compréhension du langage sans lecture labiale, une intelligibilité de la parole satisfaisante dont une communication plus facile avec les personnes non familiarisées avec la surdité, une meilleure interaction sociale, un accès plus facile au divertissement comme la musique, la télévision, le téléphone. Et être implanté ne veut pas dire que cela va forcément aider le sourd.
Les personnes les plus adeptes à devenir porteuses d'un implant cochléaire sont celles pour qui les appareils auditifs sont inutiles. Je me demande encore comment les médecins, audiologiques, et toussa font pour voir si c'est le cas sur un bébé de 6 mois mais bon... Je ne m'y connais pas bien en dépistage de la surdité donc je ne vais pas m'attarder là-dessus. Mais vous la sentez déjà, mon opinion là-dessus, hein ?
Concernant le coût, ... Pfiou, ça peut correspondre au prix d'une voiture neuve ! Mais la mutuelle intervient. Complètement ou partiellement, je ne sais pas très bien puisque je ne m'occupais pas de tout ça, mais les rumeurs disent qu'on encourage à choisir l'implant cochléaire plutôt que les appareils auditifs car le remboursement serait complet pour le premier alors que pour le deuxième, il est partiel. Mais il faut vérifier, parce que je me méfie des rumeurs.
L'IC soulève de nombreux problèmes éthiques, humains et culturels. Il est donc très important de bien s'informer, de bien réfléchir avant de prendre la lourde décision d'être implanté ou d'implanter son enfant sourd... De nombreux parents d'enfants sourds sont confrontés à cette question.
Déjà pour commencer... En Belgique, les opérations pour placer un IC ont commencé autour de 1992, je crois. Je connais une personne qui a été implantée en 1994 à l'âge de 7 ans et que l'on considère comme étant la pionnière de l'IC. Ses résultats sont très satisfaisants. Cela dit, j'ai eu vent d'un essai sur deux autres enfants sourds avant elle, et pour qui ça a été un échec. Il y a eu d'autres échecs, bien après, et c'est très souvent caché... Cela donne déjà une légère idée de la situation, en plus des rumeurs sur l'encouragement à prendre l'IC plutôt que les appareils auditifs à cause du remboursement effectué par la mutuelle.
Quant à moi, qu'est-ce que j'en pense ? Bah déjà vu la façon dont j'en parle dans le paragraphe précédent et quand je parle des impacts psychologiques que ça a eu sur moi, on se doute bien que ce n'est pas quelque chose que je considère comme étant très réjouissant, hein. Quels sont précisément les problèmes que pose l'IC ? C'est complexe à développer. En tant que porteuse d'un IC, le sujet n'est pas anodin pour moi. Et quand mes parents sont impliqués, non plus...
J'avais 4 ans quand mes parents ont pensé à l'IC me concernant... Mais j'avais encore de bons restes auditifs, mes z'appas étaient utiles, et cela n'a pas été jugé nécessaire. Cela dit, on a quand même prédit que mon audition allait baisser à l'adolescence, et c'est arrivé plus tôt que prévu. La première fois qu'on m'en a parlé, j'avais d'abord dit non, parce que cet objet me foutait les jetons mais surtout parce que je ne savais pas bien ce que c'était. On m'a expliqué ce que c'était, et j'ai été d'accord... On m'a convaincue en me disant que cela pourrait m'aider, que mon audition baissait, ... J'avais 10 ans.
A présent, cela fait 16 ans que je suis porteuse d'un IC. Mais vers 22 ans, j'ai commencé à laisser tomber l'IC... La partie externe plutôt, parce que la partie interne, elle, est toujours là. Et inutilisée. J'expliquerai pourquoi plus tard.
Source : http://www.apedaf.be/Infos-sur-la-surdite,158
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire